Chasseurs d’appartement… version New Yorkaise!

Avant le départ

1. Etudier le marché

Notre aventure immobilière a bien sûr commencé avant même le départ. Pendant plusieurs mois, nous avons parcouru les sites internet américains consacrés aux locations (naked apartment, zillow, craiglist) pour nous faire une idée du marché.

2. Définir nos critères

Cela nous a aussi permis de lister un certain nombre de critères importants à nos yeux: la localisation (à moins de 40 minutes de Grand Central, l’arrêt de métro qui dessert mon travail, en plein centre de Manhattan), le prix (nous avons tablé sur une moyenne: 2500$/mois, ce qui sera peu lorsque Guillaume aura son travail, mais tout de même possible à assumer en attendant), le type d’appartement (nous voulions une chambre. Aux Etats-Unis, un studio peut visiblement facilement faire plus de 45m². Donc il est important de savoir que l’on veut une chambre séparée du salon – notre priorité étant bien sûr de pouvoir accueillir notre famille et nos amis facilement!). Bien entendu, l’essentiel restait que le building soit « pet friendly », il était hors de question de faire entrer Chips en clandestin ou de le laisser dormir dehors!

Venaient ensuite toutes nos préférences, les petits plus qui nous feraient préférer tel appartement plutôt qu’un autre: lumineux, en étage élevé avec une belle vue, du rangement intégré (l’expression « walk in closet » a tout de suite fait son entrée au top 3 de mon nouveau vocabulaire!), une cuisine bien pensée (il faut savoir qu’aux Etats-Unis, légalement, un appartement loué se doit d’avoir une cuisine équipée. Tous ceux que nous avons visités étaient donc pourvus au minimum d’un immense frigidaire, de plaques au gaz, de nombreux placards et d’un four, en ajoutant, au mieux, un micro-onde et un lave-vaisselle), un roof top (pour pouvoir admirer à loisir la ville de haut), ainsi qu’un environnement sympa…

3. Contacter des brokers à l’avance

Au fil de nos recherches, notre attention a été attirée par un coin jusque là inconnu (pour nous) de New-York: Roosevelt Island, un petite île coincée entre Manhattan et le Queens, qui apparemment s’était beaucoup construite ces dernières années. Par ce biais, nous avons repéré des agents immobiliers (broker) qui proposaient des biens sur cette île. Nous leur avons donc envoyé, plus d’un mois avant notre départ, un petit mail élégamment troussé par Marie, pour présenter notre situation et spécifier notre recherche. Parmi ceux qui ont répondu, nous avons bien sûr retenu la plus réactive et la plus diligente: très bien notée sur le site, Deborah a été très rassurante, n’a pas fait mine de nous forcer la main en proposant avec insistance de nous trouver un appartement à distance, mais nous a proposé une rencontre skype etc. Quelques jours avant notre arrivée, nous avons donc convenu d’un rendez-vous deux jours après notre arrivée.

Un seul broker

Entre temps, nous avons découvert un blog très bien fait, qui nous a permis d’y voir plus clair sur un certain nombre de détails (très importants, les détails…) Sarah, qui est passée avant nous par un parcours un peu similaire, tient un blog particulièrement clair sur les démarches à entreprendre et les pièges à éviter pour les Français à New-York. Elle expliquait ainsi que la recherche devait se faire en partenariat avec le broker choisi: en France, il n’y a aucun mal à entrer dans plusieurs agences immobilières pour comparer les biens proposés; à New-York, ça ne se passe pas tout à fait comme cela: il est très mal vu de « jouer sur plusieurs tableaux », et fréquenter plusieurs brokers en même temps ne se fait pas. Cela nous arrangeait plutôt, puisque Deborah nous semble très bien!

Les visites… mouvementées et pleines de surprises!

Et en effet, nous n’avons pas tardé à entrer avec elle dans le vif du sujet… Enfin avec elle, c’est une façon de parler. Elle nous avait donné rendez-vous dès le lundi, sur Roosevelt Island, pour que nous puissions nous faire une idée du lieu. Nous étions en train de la rejoindre au point de rencontre lorsque Guillaume reçoit un message: coincée dans un monstrueux embouteillage, elle allait avoir du retard. J’étais déjà persuadée qu’elle proposerait de reporter notre premier rendez-vous lorsqu’une petite voix nous a interpellés: « Ailissse? » (oui, en anglais j’ai l’impression d’être une hélice de bateau, mais avec accent ouvert en option).

La dame qui se rapprochait ne ressemblait pas du tout à la photo, mais nous a rapidement rassurée: appelée en renfort par Deborah, qui ne se voyait décidément pas arriver à temps et avait décidé d’appliquer le plan B, sa collègue Liz débarquait avec toutes les clefs qu’elle avait pu attraper. Nous lui résumons donc à nouveau notre situation un peu bancale, elle se montre tout de suite très rassurante: mais oui on va vous trouver quelque chose, mais oui au chien aussi, mais oui avec une chambre, et (petite moue) « on vous trouvera mieux que le Queens » (?)

Visite d'appartements
Visites d’appartements à Roosevelt Island

Sur ces bonnes paroles, nous filons vers le building où elle nous propose de visiter deux appartements: le premier, au 7ème étage, et pourtant à la fois sombre et bruyant (un exploit sur Roosevelt Island!) Il donne en effet directement sur Main street, la seule artère un peu encombrée de l’île, et sur une façade toute proche, en plein vis à vis. Dommage, car il est grand, assez bien agencé, et surtout bourré de rangements un peu partout.

visite appartement roosevelt island
Visites d’appartements à roosevelt island

Direction le deuxième, plus petit, mais beaucoup plus calme: il donne sur le jardin intérieur du complexe. Mais, au 4ème, il semble toujours vraiment sombre, et l’agencement est un peu étrange (cuisine à l’entrée, salon à l’autre bout du couloir, chambre et salle de bain entre les deux) et n’a qu’un seul tout petit placard.

Bilan: après avoir discuté pendant longtemps avec Liz, elle nous assure qu’on peut chercher du côté de Manhattan, et que d’autres appartements peuvent se libérer entre temps sur Roosevelt Island – le soir même, après avoir réajusté ses recherches, Deborah nous proposait une autre série de visite au nord est de Manhattan, avec le métro en ligne directe vers le Lyceum.

Liz et Deborah ont débarqué à deux au rendez-vous et nous ont embarqués de visite en visite dans leur voiture, Chips compris. Nous avons vu quatre appartements ce jour-là. Le premier, sur Lexington Avenue, nous plaisait bien en lui-même: bien agencé, vue très sympa, des rangements… Mais vraiment, le quartier immédiat et les parties communes ne nous donnaient pas vraiment envie de « rentrer à la maison » après le travail. Lorsque Guillaume a déclaré qu’il voulait « le même mais sur Roosevelt Island », Liz a gentiment ri mais a quand même demandé si « nous voulions voir les autres » car ils étaient tous situés à au sud d’Harlem. Bien sûr que nous voulions voir le reste!

Ambiance complètement différente pour le deuxième, à quelques rues pourtant, à l’angle de la 118ème et Madison Avenue: building nickel, lobby propre et moderne, parc pour Chips au coin de la rue… Et l’appartement ressemblait aussi à ça: grande cuisine, entièrement équipée depuis le micro-onde jusqu’au lave-vaisselle, donnant sur le salon. A côté, chambre, salle de bain, et surtout dressing/placard/placard… Vue dégagée sur le Nord de Harlem et le métro aérien (mais tout est calme, à cette distance et au septième – sauf qu’il paraît que la nuit, lorsque tout s’allume, c’est magique).

Nous n’aurions pas pu voir cet appartement la veille, puisque la propriétaire, une amie de Liz, venait de le lui confier le soir même. Elle le mettait en location pour emménager chez son mari… dans le même couloir! Heureusement que nous n’avions rien à cacher, et qu’à part Chips (qui a parfois du mal à contrôler ses aboiements, mais nous y travaillons) nous ne sommes pas du genre à être bruyants!

laundry en sous sol
laundry en sous sol

Pour ce qui est du bruit d’ailleurs, tout était prévu: au basement, la laundry aux grandes fenêtres donne sur les parties communes extérieures. Nous sommes d’accord, ce n’est pas le roof top de nos rêves, mais est-ce que ce n’est pas adorable?

 

parties communes
parties communes
les parties communes extérieures
les parties communes extérieures

L’immeuble est surtout occupé par des propriétaires, tout le monde semble se connaître, comme en témoignent les immenses photos accrochées un peu partout, montage de leur dernier Halloween ou de leur fête des voisins façon barbecue…

 

Les deux derniers… disons que, même en essayant d’être impartial, ils ne lui arrivaient clairement pas à la cheville. Le premier, très bien situé, parties communes magnifiques, n’était en fait qu’un long couloir. Deux « chambres », dans lesquelles il était impossible de faire entrer un lit double. Donc, non merci… L’autre, deux chambres dignes de ce nom cette fois, mais le quartier ne nous plaisait pas… Donc finalement, nous avons expliqué à Liz et Deborah que, si nous avions une petite chance auprès de la propriétaire de l’appartement de Madison avenue, nous voulions au moins la tenter. Vous connaissez le dicton: « qui ne tente rien… »

Lorsqu’on pense avoir trouvé…

Et bien on fonce: loyer très correct (2150$/mois, eau, chauffage et gaz compris), propriétaire chez qui on peut aller poser directement toutes les questions qui nous passent par la tête, parties communes super… Bref, on aurait regretté (d’autant que d’intenses recherches internet nous ont confirmé que c’était bien une perle rare) – donc, lorsque la propriétaire (Heather de son petit nom) a demandé à nous rencontré dès le lendemain matin, nous n’avons pas hésité! Chips sous le bras, nous avons essayé de faire bonne impression: enfin il a tout fait pour! Mamour au gros chat patibulaire de la dame, couché-au-pied-pas-bougé pendant tout l’entretien, petite mimique mignonne du genre « me laissez pas dans la rue madame, siouplait madame… » Il faut dire qu’il était tout crevé après sa petite visite au dog run du coin de la rue, où la rencontre avec une belle grande américaine noire l’avait bouleversé.

Elise en pourparlers avec la proprétaire
Elise en pourparlers avec la propriétaire

Quarante minutes de conversation à bâtons rompus avec Heather, impossible à résumer comme ça, mais allant de « pourquoi je loue cet appartement » à « surtout, surtout nous ne vous dérangerons pas! Nous sommes à côté, mais nous n’avons pas l’intention de nous manifester – en revanche, vous n’hésitez pas… » Bref, elle avait l’air charmante, vraiment, très admirative du fait que nous soyons français (on n’a pourtant pas grand mérite^^), donc on espère très fort que ce sera une voisine agréable (et qu’elle pensera la même chose de nous…)

Elle nous explique enfin qu’elle accepte avec joie de ne pas prévoir d’autres visites tant que notre dossier n’est pas passé devant le « board ». Il s’agit en fait de remplir 25 pages de paperasse, de réunir le CA du building (dont elle est vice-présidente) et d’approuver notre présence. A l’entendre, il s’agissait d’une formalité, puisqu’elle nous soutiendrait. Du coup, dès que nous sommes rentrés chez nous, Liz nous a envoyé le dossier à remplir; aussitôt imprimé par Jac et Nora, que nous rencontrions pour la première fois, et qui sont adorables, vous vous en doutez. Nous l’avons rempli et renvoyé hier, Liz nous a confirmé aujourd’hui qu’il était « very well indeed » et qu’elle le transmettait à son tour à Heather. Nous attendons donc des nouvelles, et vous connaissez le cri de ralliement dans ce cas: « croisez les doigts pour nous! »

Nous terminerons par une petite ballade ensoleillée à Central Park… En effet, l’appartement de Madison Avenue est à moins de 10 minutes à pied du parc; nous ne sommes pas privés d’y aller pique-niquer le midi après le rendez-vous avec Heather. Et, comment vous dire? Ça donne envie d’y rester…

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